Vendredi 27 mars 2009 : Deux poids deux mesures......

Publié le par NJ.Carol


Je suis tombée aujourd'hui sur deux informations de manière quasi simultanée et la comparaison  me laisse songeuse...
Sur Internet :

Les autorités mexicaines examinent la possibilité d'expulser du Mexique le chanteur franco-espagnol Manu Chao, lui reprochant des propos pouvant être considérés comme des ingérences dans la politique mexicaine, a indiqué jeudi le ministère de l'Intérieur.

Les autorités mexicaines "enquêtent pour savoir ce qui a été dit, dans quel contexte, ce qui s'est passé (...) elles n'ont pas encore déterminé si une quelconque sanction serait appliquée", a expliqué un attaché de presse du ministère à l'AFP.

Peu de temps après, le chanteur, qui participe au Festival International du Film de Guadalajara (ouest), a annulé "pour des raisons privées", le concert qu'il devait y donner jeudi après la projection du documentaire "LT22 Radio La Colifata", qu'il a soutenu et dont il a composé la musique.

L'auteur de "Clandestino" a qualifié mardi de "terrorisme d'Etat" une intervention policière en 2006 à San Salvador Atenco, dans la banlieue de Mexico.


Manu Chao au festival de Glastonbury, en 2008.

Le 4 mai 2006, 2.000 policiers anti-émeutes avaient investi le village pour libérer 11 agents séquestrés par des villageois après des heurts violents, consécutifs à une tentative des policiers de déloger par la force des vendeurs ambulants et qui avait dégénéré en bataille rangée, faisant deux morts.

"Ce qui s'est passé à Atenco, d'une certaine façon est un terrorisme d'Etat. (Les autorités) disent: +Que personne ne dise rien quand nous viendrons prendre les terres, parce que, attention, il va vous arriver la même chose que ce qui s'est passé à Atenco+", a déclaré le chanteur de 47 ans lors d'une conférence de presse.

Lors de l'intervention, plus de 200 personnes avaient été arrêtées et des brutalités policières, ainsi que des agressions sexuelles, avaient été dénoncées.

L'article 33 de la Constitution mexicaine prévoit que "les étrangers ne peuvent en aucune manière s'immiscer dans les affaires politiques du pays" et que le gouvernement a "le pouvoir exclusif de leur faire quitter le territoire national", immédiatement et sans jugement.

Et dans l'hebdo  VENDREDI :
 "La violence d'un rappeur révolte les blogueuses":

Un soi-disant artiste rappeur au verbe "plus haineux tu meurs" sera invité au Printemps de Bourges. Les blogueuses, alertées par Kakolat puis Emelire et Olympe, du collectif "Femmes engagées" 'lire Vendredi Hebdo n°19), se sont aussitôt mobilisées. Objectif obtenir la "déprogrammation" de "l'artiste". Et c'est bien la moindre des choses, comme nous le montre l'article de crepegeorgette et les autres. 

Ce rappeur Orelsan... puisqu'il faut bien le citer... est sur youtube... Libre à vous de l'écouter. Je me refuse personnellement à le mettre ici en lien. Juste pour indication, il menace d'avorter sa copine qui l'a trompé à l'Opinel, et j'en passe.... le titre peut-être... : "sale pute"... tout un programme !
Dans Vendredi Hebdo, j'ai trouvé une photo de ce triste personnage, j'ai décidé de vous le présenter à ma façon ! La caricature a été facile, pratiquement rien à changer.




J'ai pu suivre cette info à la télé également, pas un mot sur Manu Chao...

Alors oui, je m'interroge : - sur l'intérêt de la présence  d'O...... au Printemps de Bourges, et par voie de conséquence sur la représentation qui en serait faite du rap français et de la jeunesse française en général, 
                                      - sur l'impact dangereux que peut avoir un tel message sur une jeunesse déjà bien fragilisée par la violence de notre époque,   
                                     -  sur les effets de mode en général et l'exploitation de ce chanteur qui sert peut-être bien malgré lui des intérêts commerciaux sous forme de provocation gratuite et si peu artistique,
                                      - et pour en revenir à
Manu Chao, sur la diffusion des informations : serait-il moins "vendeur" de défendre la position  d'un véritable artiste  de surcroît sincèrement engagé humainement que de promouvoir une telle incitation à la violence et au sexisme ?                                    
                                     


Et pour AGIR, La PETITION :
A l'attention des organisateurs du festival de Bourges
"Non à la haine sexiste à Bourges", vous pouvez
la signez ici.

Publié dans ACTUALITE

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Cheriine 24/10/2014 19:47


Bonsoir mesdames ! :) 
Je tiens à réagire par rapport à l'article sur Orelsan : 


Il faut savoir que c'est un artiste qui met essentiellement dans ces albums du 2nd degres, ou alors qu'il exprime des personnages dans divers situations . Alors oui il y a certe des propos
haineux et choquan pour un certain public . Mais tout comme un film/une pièce de théâtre : ce n'est qu'un acteur qui expose des scénes . 
Pour preuve voici ce que ses conseillers en communication ont rédigé :


 


«Ce texte met en scène un
jeune homme qui, apprenant que sa petite amie l'a trompé, décide de noyer son chagrin et sa colère dans l'alcool. Sous influence, il se met alors derrière son ordinateur et écrit cette lettre en
forme d'exutoire de la passion qui le dévore. Nous sommes alors exclusivement dans l'expression d'une pulsion que toute personne à qui ce type de mésaventure serait arrivé aurait pu être amené à
ressentir dans ce genre de situation. En aucun cas ce texte n'est une lettre de menaces, une promesse de violence ou une apologie du passage à l'acte. Comme toute création artistique, aussi
violente soit elle, cette narration ne peut et ne doit pas être sortie de son contexte»

EWW 02/04/2009 21:34

  Ce qui me choque (le mot reste fort tout de même), ce n'est pas tant la "maladresse" de ce pseudo rappeur, mais le fait que la pub marche bien pour lui. Je n'aime pas trop le rap, mais je reconnais son manque de professionnalisme musical ajouter à celà. C'est donc bien pour la provocation et la monté de la violence gratuite (notamment par le biais de l'InterNet) que ce rappeur à été sélectionner au Printemps de Bourges, ça reste mercantile et pitoyable. On passera donc à côté de vrais artistes pour la peine (encore une fois). Ses excuses restent inutiles mais quand même bienvenues, mais celà n'arrangera pas les esprits les plus simples et influençables. C'est le buzz qui insitera cette violence contre les femmes. Le cas Manu Chao est quand à lui bien opposé, la violence gratuite et débiles d'un côté et l'engagement bien risqué et courageux de l'autre. C'est bien dommage que Manu Chao ne soit pas plus mis en avant dans les médias, car comme personnage exemplaire, je préfère ce deuxième mec bien plus charismatique et intelligent. Mais comme le montre ton dessin, la violence gratuite paye bien mieux. Pour la peine, boycotter le Printemps de Bourges et aller au HellFest!!!

NJ.Carol 02/04/2009 19:21

A la lecture de ton com, j'ai recherché ce clip. C'est vrai que le passage un peu version "Les temps modernes"même, laisse songeur.... et inquièt sur l'avenir !

choule[bnkr] 01/04/2009 20:13

sacrément violent ton dessin. Belle action de vigilance de votre part (Emelire...etc).J'aime bien le personnage de Manu Chao. C'est d'ailleurs bizarre ; au boulot repasse en boucle le vieux tube des Mano Negra, "Mala Vida". Je me rappelle encore du clip façon Benny Hill avec des pauvres bien agités. Une sorte de prémonition sur ce qui nous attend ?

NJ.Carol 01/04/2009 00:20

Penses tu sincèrement qu'il se serait excusé s'il n'y avait pas eu tant de réactions négatives ? Moi, je suis persuadée du contraire et ton commentaire me conforte dans cette position puisque qu'à nouveau, tu le dis toi même, d'autre rappeurs ne sont pas gênés pour dire bien pire. Mais je reconnais que c'est une musique que je connais mal, si ce n'est qu'au départ, elle était une réaction inévitable et probablement sincère à la société que nous connaisons et aux ghettos que nous avons mis en place. Et je la respectais à l'époque en tant que telle, même sans l'apprécier uniquement musicalement  parlant. Dommage qu'ils en soient arrivés là, ils y perdent en crédibilité et jouent finalement le jeu de tout ce qu'ils ont critiqué au départ.